En pharma retail, le réflexe est de regarder le sell‑out et de conclure que la campagne POS a « bien » ou « mal » fonctionné.Le problème : le sell‑out mélange tout, l’impact du POS, la météo, la saison, la concurrence, les ruptures, la dynamique de marque.

Pour piloter vos campagnes en pharmacie et droguerie, il est utile d’ajouter quelques indicateurs simples, centrés sur ce que le POS peut réellement influencer : visibilité, présence, compréhension et exécution en point de vente.

1. Taux d’installation effective du kit PLV

Un kit PLV parfait sur le papier n’apporte rien s’il n’est jamais installé, ou seulement installé partiellement.

Mesurer le taux d’installation effective permet de distinguer une bonne idée mal exécutée d’une campagne réellement faible.

Indicateurs simples :

  • Pourcentage de points de vente ayant installé le kit complet dans les temps.

  • Pourcentage de points de vente avec installation partielle (vitrine oui, comptoir non, par exemple).

  • Délai moyen entre réception du matériel et installation effective.

Ce sont des chiffres souvent sous‑estimés, mais ils expliquent à eux seuls une bonne partie de l’écart entre le plan marketing et la réalité terrain.

2. Qualité de la mise en place en point de vente

Ce n’est pas parce qu’un kit PLV est « installé » qu’il l’est correctement.
Un présentoir mal positionné, une vitrine surchargée ou un linéaire mal rempli peuvent annuler une grande partie de l’effet recherché.

Quelques critères de qualité faciles à suivre :

  • Respect de l’emplacement prévu (vitrine, tête de gondole, comptoir, rayon dédié).

  • Respect des consignes de visibilité (hauteur, orientation, absence d’obstacles devant le message clé).

  • Intégrité du matériel (pas de supports abîmés, pliés, bricolés).

L’objectif n’est pas de chercher la perfection, mais de vérifier si le concept tel qu’il a été imaginé existe vraiment dans le point de vente.

3. Taux de couverture du réseau prioritaire

Le sell‑out global ne dit pas si les bons points de vente ont été bien couverts.
Un indicateur clé consiste à vérifier la couverture réelle sur les segments de pharmacies que vous vouliez prioriser.

Par exemple :

  • % de pharmacies A/B (haut potentiel) ayant reçu et installé le kit complet.

  • % de pharmacies dans les cantons / régions stratégiques couvertes dans le timing prévu.

  • % de points de vente « vitrine forte » réellement activés.

Cela permet d’éviter de juger la campagne sur un résultat global, alors qu’une partie du réseau clé a été peu ou mal activée.

4. Temps d’exposition moyen de la campagne

Beaucoup de campagnes POS sont installées trop tard, ou retirées trop tôt.
Le temps d’exposition réel en officine est un indicateur simple, mais souvent absent des bilans.

Points à suivre :

  • Nombre de semaines d’exposition en vitrine, en comptoir, en rayon.

  • Décalage entre le démarrage théorique (planning marketing) et le démarrage réel en point de vente.

  • Pic d’exposition (période où la majorité des points étaient effectivement en campagne).

Un sell‑out « décevant » peut parfois s’expliquer par deux semaines d’exposition en moins que prévu sur le terrain.

5. Taux de disponibilité produit pendant la campagne

Un kit PLV puissant avec un rayon vide ne peut pas être performant.
Associer les données de disponibilité produit au suivi POS permet d’éviter des conclusions biaisées.

Indicateurs possibles :

  • % de points de vente en rupture totale ou partielle sur le produit clé pendant la campagne.

  • Nombre moyen de jours de rupture sur la période.

  • Corrélation simple entre taux de rupture et niveau de performance observé.

Cet indicateur est particulièrement important en phyto, OTC saisonnier ou promotions fortes, où le risque de rupture est élevé.

6. Visibilité et compréhension du message en officine

Le kit PLV ne sert pas uniquement à « décorer » le point de vente.
Il doit rendre le message de la marque visible, compréhensible et crédible pour le patient et l’équipe officinale.

Façons simples de mesurer cet aspect :

  • Courte enquête auprès des équipes : « Quel est le message principal de la campagne ? », « À quelles indications associez‑vous ce dispositif ? ».

  • Échantillon de clients : « Qu’avez‑vous remarqué en vitrine / au comptoir ? », « À quoi vous fait penser cette campagne ? ».

  • Taux de mise en avant par les équipes (nombre de fois où le produit est recommandé pendant la période, quand c’est observable).

Sans prétendre faire une étude exhaustive, quelques retours qualitatifs bien structurés éclairent le lien entre dispositif PLV et compréhension du message.

7. Charge opérationnelle pour les équipes terrain et officinales

Un dispositif peut « marcher » en termes de ventes, mais créer une frustration forte en interne ou en officine.
Intégrer un indicateur de charge opérationnelle aide à piloter la durabilité de vos choix POS.

Quelques éléments à suivre :

  • Temps moyen d’installation du kit PLV par point de vente.

  • Besoin d’ajustements / bricolages pour faire rentrer le matériel dans la réalité du point de vente.

  • Feedback des équipes : « simple », « compliqué », « je referais volontiers », « plus jamais ».

Un kit PLV plus simple à installer, réutilisable, bien dimensionné pour les pharmacies et drogueries suisses, aura souvent un meilleur taux d’acceptation… donc une meilleure exécution sur les campagnes suivantes.

Mettre ces indicateurs au service de vos décisions

L’intérêt de ces 7 indicateurs n’est pas de créer un reporting lourd.
Il s’agit de construire un petit tableau de bord POS centré sur ce que vous pouvez réellement améliorer d’une vague à l’autre : design du matériel, logistique, ciblage du réseau, timing, accompagnement des équipes.

Avec ce type de lecture, le sell‑out reste important, mais il devient la conséquence d’un ensemble beaucoup plus maîtrisable : présence, qualité de mise en place, visibilité, disponibilité produit et simplicité opérationnelle.